Depuis plus de vingt ans, l’APEDAF a mis en place des équipes d’aides pédagogiques. Leur mission? Accompagner les élèves sourds ou malentendants de l’association, dans les établissements d’enseignement ordinaire que leurs parents ont choisi.

Cette aide pédagogique est apportée à tous les niveaux scolaires : des maternelles à l’enseignement supérieur et de promotion sociale, tous réseaux d’enseignement confondus.

En fonction des besoins de l’enfant, l’aide consiste en une interprétation simultanée des cours en Langue des Signes, un codage des différentes disciplines en LPC/AKA, une prise de notes, un suivi régulier du travail journalier ou une remédiation individuelle ponctuelle, à l’école ou dans nos infrastructures.

Loin d’objectifs comme « faire comme les autres » et « se débrouiller seul », différents arguments motivent cet encadrement pédagogique des intégrations en écoles ordinaires.

Pari inaugural des parents de l’APEDAF des 1978 : la surdité n’entrave pas le développement du potentiel et des capacités intellectuelles de l’enfant sourd. Mais on ne peut éluder les nombreuses difficultés.

La première ? Communiquer ! Se faire comprendre. Et comprendre en lisant sur les lèvres. A longueur de journée, si l’élève est seul, ce n’est franchement pas de tout repos. Les rythmes de l’enseignement ordinaire exigent ensuite de fameuses capacités de concentration. Enfin, souvent, les retards linguistiques des élèves sourds, corrélats plus ou moins importants d’une entrée plus tardive ou laborieuse dans la langue, gestuelle et orale, disqualifient l’évaluation des compétences et des aptitudes réelles de l’élève sourd. La vigilance de l’encadrement spécifique relativise alors l’appréciation du travail et du comportement des élèves.

Une adéquation de la situation d’apprentissage a ainsi démontré depuis toutes ces années que les Sourds n’étaient pas seulement capables du langage d’action, mais bien, tout à fait capables d’abstraction, de spéculation philosophique, de finesse psychologique, de créativité artistique, ou de logique mathématique…

Les aides pédagogiques de l’APEDAF travaillent donc essentiellement en classe : l’élève sourd est un élève, particulier, parmi d’autres, entendant.

Chaque projet d’intégration est un projet étudié et concerté avec les parents, la direction et les équipes enseignantes des écoles, et s’ils le souhaitent, les PMS et les centres de rééducation orthophoniques de la parole qui prennent en charge cet aspect-là de la surdité de l’enfant.

Le service est opérationnel dans de nombreuses écoles ordinaires de la Région Wallonne et de la Région Bruxelles Capitale. Réparties dans trois équipes - Wallonie (8), Wallonie Picarde (10), Bruxelles (7) - 25 aides pédagogiques travaillent actuellement pour l’APEDAF ASBL.